Entrevue avec Michèle Boisvert, Déléguée du Québec à Paris en mission au Marché du Film de Cannes

Michèle Boisvert en mission au Marché du Film de Cannes 

Michèle Boisvert, Déléguée générale du Québec à Paris et représentante personnelle du premier ministre du Québec pour la Francophonie a passé la première fin de semaine au Festival de Cannes.

Accompagnée par Louise Lantagne et Élaine Dumont, elle aura pu rencontrer les partenaires en coproduction du Québec, ainsi que les professionnels québécois inscrits au Marché du Festival de Cannes. Et tout naturellement, elle était l’invitée d’honneur de la traditionnelle réception de réseautage organisée par la SODEC au Pavillon Québec Créatif le premier samedi du Festival.

C’est lors de cette réception que Michèle Boisvert accordait une entrevue à TV5 Monde sur le thème «Le triomphe du cinéma québécois à Cannes» dont le lien se trouve au bas de notre entrevue.

Nous avons pu ensuite nous entretenir avec Mme Boisvert.

 

 

Une entrevue avec Michèle Boisvert,
samedi 21 mai 2022

Madame la déléguée générale, comment définiriez-vous votre mission à Cannes ?

MICHÈLE BOISVERT : D’abord, il faut dire que c’est pour moi une première fois à Cannes. Il me semble que tout Délégué général du Québec à Paris doit passer par Cannes. Je suis en poste depuis trois ans, mais en raison de la pandémie, c’est la première occasion que j’ai d’assister au Festival et à son Marché. Que dire de cette première visite sinon que je suis émerveillée et impressionnée par tout ce que je vois et tellement fière de la présence du Québec.

Le pavillon Québec Créatif est extraordinaire. Et quand on pense qu’il regroupe 200 créateurs, producteurs, distributeurs, bref les professionnels du secteur, on peut en être fier et j’ai hâte de leur parler lors de la réception de la SODEC.

Également, au chapitre des bonnes nouvelles, mentionnons la présence de Charlotte Le Bon que j’ai rencontré une première fois ce matin. Son film, Falcon Lake, une coproduction avec la France, sera présenté demain (dimanche) en compétition officielle à la Quinzaine des réalisateurs. C’est tout un honneur.

Bref, c’est le plaisir de rencontrer les professionnels du cinéma québécois pour mieux comprendre leurs attentes. Mais également, les rencontres avec nos partenaires de coproduction, Français, Belges et les gens du Luxembourg. Cannes c’est aussi la rencontre avec les gens du CNC qui sont tous de grands partenaires de la SODEC.

Je viens donc prendre le pouls de ce fantastique événement après cette interruption due à la pandémie, en allant saluer des partenaires importants pour le Québec pour tout ce qui touche le cinéma.

Peut-on connaître vos réactions après ces premiers contacts sur le Marché du film de Cannes ?

MICHÈLE BOISVERT : Premièrement, je constate que le travail de Louise Lantagne et de son équipe est fantastique. Ce qui me touche et me réjouit le plus, c’est de constater à quel point le Québec est connu et apprécié comme partenaire, mais aussi, comme un acteur majeur du milieu de l’audiovisuel. On reconnaît le talent, la vitalité de notre milieu cinématographique. Et avec l’accompagnement que fournit la Sodec, son soutien, le partenariat avec le Québec est apprécié et recherché.

Je vous dirais aussi que ce qui fait le plus plaisir, c’est de constater la place que le Québec a pris et continue de prendre sur la scène internationale, plus particulièrement auprès de nos partenaires francophones, et à quel point le talent de nos créateurs et artisans est apprécié, recherché.

Dans un tel contexte, avez-vous un message particulier à faire passer durant ce voyage à Cannes ?

MICHÈLE BOISVERT : Un message particulier ? Il existe de toute évidence une histoire d’amour entre la France et le Québec, entre Cannes et le Québec, il faut donc maintenir ces relations qui sont très importantes. Le Festival et son Marché du film sont un tremplin fabuleux pour nos artistes, nos créateurs et nos producteurs. N’oublions pas que c’est à Cannes que plusieurs de nos grands cinéastes ont été révélés au monde.

Grâce à au travail et au soutien de la Délégation générale du Québec à Paris, vous jouez déjà un rôle important dans la promotion du cinéma québécois en France, mais avez-vous d’autres objectifs ?

Mon rôle et celle de la Délégation du Québec, c’est de maintenir et de renforcer cette relation que l’on a qualifiée de directe et privilégiée avec la France. Vous savez que le Québec a le statut de Nation en France, et pour moi, il s’agit de faire en sorte que cette relation demeure vivante et pertinente dans tous les secteurs d’activités.

Il faut faire en sorte que le Québec continue d’être toujours présent dans la tête des politiciens français tout comme sur les écrans de cinéma. Il faut faire croître nos relations économiques entre la France et le Québec et s’assurer que cette relation, qui est déjà très bien vivante, continue dans la durée.

Vous vous retrouvez aujourd’hui avec une nouvelle ministre de la Culture en France, allez-vous très bientôt entrer en contact avec elle et son cabinet ?

Absolument. Mes équipes vont se mettre à pied d’œuvre tout de suite pour reconnecter avec tous les cabinets. S’assurer que les relations avec le Québec fassent partie de leur priorité en les mettant en contact avec tous les politiciens de chez nous. C’est vraiment ça, on commence à connaître le gouvernement et, après les législatives, notre rôle sera d’assurer de maintenir nos liens privilégiés de communication. Ces liens sont déjà très forts, mais il faut qu’on les nourrisse, les maintienne, et que la ministre de la culture, madame Rima Abdul Malak, lorsqu’elle entendra parler du Québec, sache très bien qui nous sommes et que l’on souhaite travailler avec elle.

Vous avez, si je peux m’exprimer ainsi, deux chapeaux. Vous êtes Déléguée générale du Québec à Paris, mais vous êtes aussi la représentante du premier ministre pour la francophonie. Je pense qu’au Marché du film, vous avez pu rencontrer beaucoup de représentants de cette francophonie.

Tout à fait. Ce sont de grands partenaires du Québec. Je pense au Luxembourg, je pense à la Belgique, je pense à la Suisse, et à tous les pays avec lesquels aussi on fait beaucoup de coproductions pour qu’ensemble on puisse trouver une juste place à la création francophone.

Et c’est important, parce qu’on sait à quel point le cinéma américain est dominant, il faut donc s’assurer que la création francophone trouve sa place et surtout une place le choix sur nos territoires respectifs.

 

 

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