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Téléfilm50 – Un témoignage de Kevin Tierney

50 ans, le bel âge?

50 ans, l’âge de la réflexion

Tout d’abord, félicitations, Téléfilm!

Avoir survécu à 11 gouvernements, pas évident… c’est même ce que j’appellerais un exploit.

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Le mot du producteur Kevin Tierney à l’occasion du 50e anniversaire de Téléfilm Canada

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Pour le 40e anniversaire de l’institution, on m’avait demandé de dire quelques mots. J’avais alors cité ma grand-mère qui disait au sujet des hommes : on ne peut pas vivre avec et on ne peut pas vivre sans. C’est le cas de Téléfilm qui est, pour l’industrie, ce que les hommes étaient pour ma grand-mère.

Une décennie plus tard, c’est toujours pareil. Sauf que les hommes par contre, n’ont pas eu la même expérience. Tant pis.

D’une certaine façon, je pense que 50 ans, c’est un âge mi-figue mi-raisin; pas assez vieux pour être sage, pas assez jeune pour se réinventer. Pourtant c’est exactement ce que je pense que Téléfilm devrait faire: se réinventer.

Certaines avancées sont vraiment encourageantes : le Fond autochtone; le plan de redressement de l’équilibre femmes/hommes; le Programme des premiers longs métrages à petit budget. Pour moi, ces initiatives sont autant de signes prometteurs d’un avenir plus inclusif, plus juste et très motivant.

Par contre, arrivé à 50 ans, il y a danger : celui de l’institunationnalisation. Un processus par lequel le désir d’auto-préservation risque de prendre le pas sur la raison d’être.

L’image institutionnelle, le souci de la marque, la notion de renommée commencent alors à s’installer. En fait on pense beaucoup ‘’NOTRE’’ sans toujours penser à ceux qui sont les nôtres.

J’encourage Téléfilm à saisir l’occasion de son anniversaire pour réfléchir, pour examiner les dernières cinq décennies et mettre en perspective les succès ET les échecs. Surtout pas en vase clos, mais au contraire, en impliquant tous les secteurs de l’industrie. Pas seulement en production cinéma, télévision et dans les divers nouveaux médias, mais également dans la distribution et la diffusion. Bref, l’univers d’aujourd’hui dans lequel j’ai l’impression qu’on tire de l’arrière. Ce même univers dans lequel on n’a pas réussi à pénétrer au cours des dernières cinquante années, surtout au Canada anglais.

Dans la bibliothèque où je suis en train d’écrire ce texte, par hasard je tombe sur un livre, We Have To Talk About Kevin. Quelle ironie!

 

Ma proposition est beaucoup plus ambitieuse, plus importante aussi.

We Have To Talk About Telefilm, we have to talk about how Telefilm peut amener nos productions à être vues par les Canadiens et les Canadiennes afin qu’on atteigne enfin le but ultime, les spectateurs.

Par exemple, si on peut avoir un Sundance Channel Canada, pourquoi pas un Canada Channel avec tous nos films sous-titrés dans l’autre langue?

Madame la ministre semble ouverte à la conversation, mais je ne sais pas si on a tous le même message ou même un message semblable. C’est le moment opportun pour s’organiser.

Bonne fête, Téléfilm Canada. Je vous souhaite encore des années, au moins le temps qu’il faudra pour un autre gouvernement de la lignée Trudeau : Hadrian ? Xavier? Encore mieux, Ella-Grace.

On ne peut jamais avoir trop de grâce.

 

Kevin Tierney dans le cadre de #Téléfilm50

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