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Une entrevue de Patrick Boivin sur son long métrage BUNKER (2014) coréalisé avec Olivier Roberge par Marc Lamothe

Une entrevue de Patrick Boivin sur son long métrage BUNKER (2014) coréalisé avec Olivier Roberge, par Marc Lamothe

Dans la série d’entrevues « La pandémie, les désastres et le cloisonnement dans le cinéma québécois (10) »

 

« Avec Bunker, on n’a pas tant cherché à se coller à de vrais protocoles militaires, mais à ce qui nous semblait réaliste à l’écran et utile pour l’histoire. Bunker n’est pas un film sur l’armée, mais bien une réflexion sur le poids des ordres, des responsabilités et des actions militaires. Un ordre, c’est un thème qui me semblait universel. Tout le monde donne, reçoit ou subit des ordres dans son existence. Tant au travail qu’au cœur de notre quotidien. L’ordre au sens large. L’ordre social, l’ordre moral, l’ordre établi et l’ordre prescrit par notre devoir de citoyen en temps de Covid-19 ; mais au moment de poser un geste important, on répond à des questions de quel ordre ? »

– Patrick Boivin

 

Dès 1995, une émission excentrique appelée PHYLACTÈRE COLA fait son apparition sur les ondes de la télévision communautaire de la ville de Québec. L’émission avait d’abord pour but de faire découvrir au public le monde de la bande dessinée. De documentaire éclaté sur le sujet, l’émission évolue très rapidement pour mettre en vedette une pléthore de personnages farfelus et grotesques issus de l’imaginaire des membres du collectif. L’émission développera rapidement son propre univers en gardant toujours comme seules limites celles de l’imagination de ses cocréateurs. Patrick Boivin s’impose rapidement en réalisant la série télévisée culte qui allait finalement être diffusée sur les ondes de Télé-Québec entre 2001 et 2003.

 

Réalisateur, cinéaste d’animation autodidacte, artiste de la renaissance à l’ère du multimédia, touche à tout inspiré, scénariste jovialiste et geyser créatif, Patrick Boivin a attiré l’attention de la planète entière grâce à la flamboyante popularité d’une série d’ingénieux courts métrages hébergés par le site YouTube, dont DRAGON BABY et IRON BABY. Le cinéaste a ainsi cumulé plus de 380 millions de visionnements, chiffre vertigineux quand on pense que le Canada comptait récemment 38 millions de personnes confinées.

 

Avec Olivier Roberge, il coscénarise, coréalise et coproduit indépendamment ENFIN L’AUTOMNE (2011), un premier film uniquement diffusé sur YouTube et vu par plus de 100 000 internautes. Le duo enchaîne rapidement avec la production de BUNKER qui mettra en vedette Martin Dubreuil et Patrice Robitaille dans le rôle de deux soldats, Tremblay et Gagnon, chargés de surveiller pendant six mois un bunker dans le Nord du Québec. Celui-ci abrite principalement une console pouvant déclencher une riposte nucléaire dévastatrice sur le territoire de l’ancienne URSS.

 

Le réalisateur qui avait imaginé un des cloisonnements les plus intenses du cinéma québécois vit aujourd’hui tranquillement en confinement avec sa famille. Nous avons discuté avec Patrick Boivin de la genèse de BUNKER, de ce qui l’occupe durant le grand cloisonnement et des projets qui l’attendent dès que la situation le permettra.

 

Une entrevue réalisée par Marc Lamothe

 

 

BUNKER semblait ironiquement souligner les 20 ans de la grande tension et de la guerre froide entre les États-Unis de Ronald Reagan et la Russie de Yuri Andropov. J’aimerais que vous nous parliez de la genèse de ce projet. Pourquoi un tel sujet en 2013 ?

 

Patrick Boivin : Tout est né d’un article lu il y a quelques années dans le magazine Wired. Dans « Inside The Apocalyptic Soviet Doomsday Machine », Valery Yarynich, un ancien colonel soviétique y discutait notamment de l’existence encore aujourd’hui en Russie et dans certains anciens pays membres de l’ancienne URSS d’un arsenal nucléaire situé dans des silos. On y apprenait que des militaires russes sont toujours stationnés dans de telles bases en cas d’attaque et attendent des ordres. C’est réellement terrifiant, car ça veut dire qu’on peut toujours être victime d’une défaillance technique, d’un problème électronique ou d’une mécompréhension d’un ordre ou même d’un manque de jugement. Dans un tel contexte, l’avenir de l’humanité pourrait dépendre d’une décision prise par deux hommes isolés aux confins d’une base secrète. Ce qui nous attirait d’abord était le concept de l’isolement sur plusieurs plans. Non seulement nos deux personnages sont isolés du monde dans un bunker perdu dans le Grand Nord, mais ils sont isolés l’un de l’autre, comme deux îles désertes avec leurs passés, leurs silences et leurs secrets enfuis. Si un rapprochement partiel est possible, qu’adviendra-t-il de cette relation si une crise éclatait ? Et si cette crise était teintée de doutes ?

 

Olivier Roberge et moi partagions un bureau à cette époque, nous venions d’écrire et réaliser un long métrage ensemble, ENFIN L’AUTOMNE (2011). Nous aimions l’idée d’un film dans un bunker, car ça reproduisait un peu notre dynamique de deux gars dans un petit bureau, deux êtres différents qui cohabitent un même espace. Ce genre de film nous semblait assez intéressant pour être présenté aux institutions et obtenir du financement, mais que sa réalisation était envisageable avec peu ou pas de financement. Téléfilm Canada a finalement été au rendez-vous et les Films Séville ont investi dans la production.

 

Photo de tournage :  Patrick Boivin , Steve Asselin (directeur photo), et Olivier Roberge

 

Quels souvenirs gardez-vous de ce tournage ?

 

Patrick Boivin : Le film a d’abord été tourné à Montréal dans un studio construit dans un entrepôt abandonné sur la rue Chabot. On y avait reproduit les pièces du bunker, le long corridor et le corridor en coude. Je dois tout de suite mentionner le travail formidable de Camille Parent, notre directeur artistique et de la lumière, et de Steve Asselin à la photo, qui ont fait que la majorité des spectateurs croient que le film a été tourné dans un bunker. Ajoutez à ce mix le travail de Valérie Gagnon-Hamel aux costumes et l’illusion de la réalité était parfaite.

 

Comme le décor a été terminé littéralement la veille du tournage, je n’ai pas réussi à me préparer suffisamment à l’avance, ne sachant pas où nous allions placer nos caméras et comment se déplacer dans cet environnement. Olivier, Steve et moi avions convenu d’un tournage intérieur aux caméras fixes, pas de mouvement de caméra dans le bunker. La valse à l’écran reposait sur le jeu des acteurs dans l’espace donné. Nous avions fait des lectures avec les acteurs avant le tournage, certes, mais habituellement, je préfère être davantage prêt à l’avance. J’aime pouvoir déjà voir dans ma tête le film ou certains plans clés avant le tournage. Habituellement, je fais des storyboards, je fais des animations à l’ordinateur pour simuler des mouvements de caméra, je dessine beaucoup et pense longtemps à chaque détail et ça aide à mobiliser toute l’équipe autour d’une vision commune.

Tu devrais être en mesure de déduire ce qui se passe à l’écran si tu regardes 10 minutes d’un bon film avec le volume sur fonction « muette ». J’aspire à ce genre de truc, et c’est pourquoi j’aurais préféré une préparation plus minutieuse sur BUNKER.

 

Dans les années Phylactère Cola, on était toujours dans l’urgence et j’ai donc développé une manière flexible de travailler en fonction des imprévus et des surprises de tournage. Mais c’était tout aussi stimulant que frustrant de travailler ainsi, car on ne se donnait pas toujours le temps de préparer notre mise en scène suffisamment à l’avance. Je vois plein de beaux gags réussis, de bons souvenirs, mais aussi des gags potentiellement perdus par manque de préparation. BUNKER m’a ramené à cette dynamique de ne pouvoir prévoir trop à l’avance. Mais c’est ce genre de réalisation qui nous fait avancer. Après Phylactère, j’ai appris à prendre le temps de préparer différemment mes tournages.

Ricardo Trogi (St-Pierre), Martin Dubreuil (Tremblay), Louis Tremblay (Beaupré), Julien Poulin (Guérard) et Patrice Robitaille (Gagnon)  

Photo : Bertrand Calmeau / Les Films Séville

 

Le film se veut aussi un huis clos au grand air. Que pouvez-vous nous dire du tournage des scènes extérieures ?

 

Patrick Boivin : Les scènes extérieures ont été tournées plus tard dans trois endroits distincts, autour de Sainte-Adèle, dans le parc Jacques Cartier et sur le Mont-Royal à Montréal. Les scènes où l’on voit l’entrée du bunker et tout ce qui est autour a été filmé à Sainte-Adèle. Les scènes dans la nature ont été saisies au Parc national de la Jacques-Cartier, à 30 minutes de la ville de Québec et certains plans de raccords ont été tourné « guérilla style » parmi les arbres du Mont-Royal à Montréal. Afin de créer un environnement plus grand que ce que l’on pouvait trouver, on a plusieurs scènes avec des champs contre champ à des endroits séparés de centaines de kilomètres.

 

Par exemple, la première fois que Tremblay et Gagnon se parlent seuls, assis sur une grosse roche, lorsqu’on les voit de face, ils se trouvent à Sainte-Adèle, alors que de dos, ils sont dans la vallée de la Jacques Cartier. Certains plans qui demandaient de la neige fraîche ou une tempête ont été filmés sur le Mont-Royal. On se levait au petit matin et en réalisant qu’il avait neigé durant la nuit, on se rameutait vite, Olivier et moi, pour saisir nos dernières images. Olivier en soldat, moi avec la caméra. Par exemple, la scène où Gagnon nu-pieds tente de rattraper Tremblay et doit monter une clôture métallique, l’insertion du plan des pieds en sang, c’était ceux d’Olivier.

 

Tout comme ENFIN L’AUTOMNE (2011), BUNKER a été coécrit et coréalisé avec Olivier Roberge ? Que pouvez-vous nous dire de la dynamique de réaliser à deux sur un tel projet ?

 

Patrick Boivin : Olivier est d’abord un grand ami avec qui je passe plusieurs de mes temps libres. Il avait collaboré à certains de mes courts et moi aux siens. On a tout fait ensemble sur BUNKER, de l’écriture à la mise en scène, mais pour la mise en scène, Olivier me laissait une belle latitude. Nous ne nous sommes jamais chicanés sur quoi que ce soit dans la production de nos deux longs. Souvent, à la suite d’une prise, Olivier allait parler à un acteur et moi à l’autre et on retournait rapidement après. On était en symbiose.

 

BUNKER n’est pas un plaidoyer pour ou contre l’Armée canadienne, mais bien un regard posé sur l’être humain que l’on découvre derrière le soldat perdu tant dans l’Armée, qu’au cœur du Nord du Québec. Votre vision sur l’armée a-t-elle changé lors de la création de ce film ou depuis les derniers mois ?

 

Patrick Boivin : Le militaire est dans ma tête un être réellement complexe. Il faut aller au-delà des préjugés et des clichés populaires. Avec Bunker, on n’a pas tant cherché à trop se coller à de vrais protocoles militaires, mais à ce qui nous semblait réaliste à l’écran et utile pour l’histoire. Bunker n’est pas un film sur l’armée, mais bien une réflexion sur le poids des ordres, des responsabilités et des actions militaires. Un ordre, c’est un thème qui me semblait universel. Tout le monde donne, reçoit ou subit des ordres dans son existence. Tant au travail, qu’au cœur de notre quotidien. L’ordre au sens large. L’ordre social, l’ordre moral, l’ordre établi et l’ordre prescrit par notre devoir de citoyen en temps de Covid-19 ; mais au moment de poser un geste important, on répond à des questions de quel ordre ?

 

Plusieurs de nos sketches dans Phylactère Cola pouvaient laisser croire que je n’aime pas l’armée. J’ai toujours eu un grand respect pour celle-ci. Ce qu’ils font en période de crise, en période d’inondations et, surtout ces derniers jours dans les CHSLD, c’est incroyable. L’être humain étant ce qu’il est, il cherchera toujours de nouveaux territoires à exploiter ou envahir. L’armée est beaucoup plus qu’un mal nécessaire tant en temps de paix, qu’en temps de crise humanitaire, qu’en temps de guerre… Qu’on le veuille ou non, je crois qu’une armée est essentielle.

 

Si vous pouviez refaire BUNKER, que changeriez-vous compte tenu de ce que vous y avez appris en cours de tournage, mais aussi face aux événements des dernières semaines ?

 

Patrick Boivin : Si j’avais à refaire ce film, c’est notamment au niveau de la préproduction que je m’impliquerais différemment… et j’en ferais carrément un film de science-fiction. Notre propos dans un contexte réaliste nous limitait quelque part ; mais sous l’angle de la science-fiction, il est plus facile, je crois, d’aborder ce genre de sujet ou de problématique. Un plus grand nombre de spectateurs aurait peut-être vu le film ainsi, car même s’il a connu un beau succès d’estime, peu de spectateurs l’ont finalement découvert en salle.

 

 

Autoportrait de Patrick Boivin en confinement

 

La réalité et la politique viennent de rattraper votre fiction avec le cloisonnement imposé depuis des semaines. Comment vivez-vous ce moment de confinement ?

 

Patrick Boivin : Le confinement ne m’effarait pas personnellement puisque j’ai un côté homme-orchestre et que je pourrais toujours faire un film avec deux rouleaux de papier de toilette et une idée. Mais j’ai deux jeunes enfants en bas âge et nous avons choisi de ne pas les stationner devant un écran, alors on fait des choses en famille. Mon plus vieux de huit ans s’intéresse au stop-motion. Un jour, je me dirais peut-être que ce sont les plus beaux moments que j’ai eus avec eux. Mais en même temps, je suis constamment déchiré dans mes choix comme parent. Je serre la vis, ou je donne un peu de lousse ? Artistiquement, je n’ai pas pu ou su profiter de cette pause, certes, mais ce que je construis avec mes enfants en ce moment est vraiment beau et plus important.

 

Là où ce confinement me met vraiment hors de moi, c’est que je devais commencer un tournage cet été et que j’étais fin prêt pour ce dernier. ÉCHO À DELTA, un film à la STRANGER THINGS écrit par Jean-Daniel Desroches et mettant en vedette Martin Dubreuil, Patrice Robitaille et cinq jeunes absolument formidables. Le casting comprend aussi Catherine De Léan qui doit jouer la mère du personnage principal. On avait réussi à recréer une famille crédible avec deux frères avec des airs de famille et qui ressemblent à leurs parents. C’est là où le bât blesse vraiment, le tournage sera reporté à l’an prochain au mieux ou deux ans au pire, mais la distribution des rôles des jeunes entre 7 et 10 ans risque d’être à refaire complètement et j’étais emballé de ce casting. J’ai rarement été aussi déçu de ma vie. Ce n’est de la faute à personne, mais c’est très décevant.

 

Qu’est-ce que vous regardez comme film ou comme série en temps de cloisonnement ?

 

Patrick Boivin : Étrangement, ce temps de pause m’a fait consommer moins de culture qu’à l’habitude. Depuis deux mois, je lis moins et consomme peu de films et de séries. S’occuper de nos deux jeunes enfants à temps plein nous limite dans notre temps et notre énergie. De plus, je dois vraiment faire attention aux séries télé, car je deviens accroc très vite et je deviens obsédé par les personnages et les possibilités de scénarios. Ça m’habite comme auteur et comme réalisateur. La dernière grande série que j’ai vue récemment est TCHERNOBYL réalisée par Johan Renck et diffusée d’abord sur HBO. Non seulement la série est intelligente, mais écoute, le jeu des acteurs m’a littéralement jeté sur le cul.

 

En ce moment, je regarde la série THE DEUCE avec James Franco. C’est une production de la même gang qui nous avait notamment offert The WIRE. Mais ma blonde et moi, on passe beaucoup de temps ces jours-ci autant à jouer aux cartes qu’à regarder des séries ensemble. On regarde parfois des films à nous quatre, ma blonde et nos deux enfants. Ils ont vraiment aimé 1917 de Sam Mendes, mais celui qui a eu le plus d’impact sur eux est sûrement JOJO RABBIT (2019) de Taika Waititi.

 

Quels bons films ou séries de pandémie, de désastres ou de cloisonnement vous viennent en tête ?

 

Patrick Boivin : Aucun ne me vient en tête vite de même, à part THE ROAD (2009) de John Hillcoat. J’en profite donc pour revenir sur la série TCHERNOBYL qui m’a bouleversé récemment. La peur de l’ennemi invisible y est tellement bien présentée. Cependant, tu me fais penser, j’ai regardé récemment des longs métrages avec mes enfants pour les amener à réfléchir sérieusement sur ce qui se passe actuellement. On a ainsi entre autres regardé CAST AWAY/SEUL AU MONDE (2000) de Robert Zemeckis, car je voulais qu’ils saisissent bien le sentiment d’éloignement et de réelle isolation. Je trouve ça important de l’impliquer ainsi, pas juste avec du divertissement facile, mais avec des films forts avec des enjeux importants.

 

Quels projets vous attendent après le retour à la normale ?

 

Patrick Boivin : Outre ÉCHO À DELTA dont nous avons parlé tout à l’heure, j’ai un autre projet de long métrage, plus léger, en développement avec la boîte de production russe de Timur Bekmambetov, BOY MEETS BOT. C’est un projet de style Screenlife où tout ce qui se passe dans le film se déroule à travers une série d’écrans d’ordinateur. C’est un truc de science-fiction ou un jeune garçon échange et se lie d’amitié avec une intelligence artificielle en ligne. Tous les dialogues seront véhiculés à travers des combinés téléphoniques et des ordinateurs. C’est une réflexion qui me semble avoir gagné en pertinence dans les derniers mois.

 

Bunker est disponible sur YouTube

Plusieurs des courts métrages réalisés par Patrick Boivin sont disponibles sur sa page YouTube :

https://www.youtube.com/user/PatrickBoivin

 

 

BUNKER (2014)

Réalisation : Patrick Boivin, Olivier Roberge

Scénario : Olivier Roberge, Patrick Boivin

Direction photo :  Steve Asselin

Producteur : Cédric Bourdeau, Stéphane Tanguay

Interprètes :

• Alex Bisping : Lepage

• Martin Dubreuil : Tremblay

• Julien Poulin : Guérard

• Patrice Robitaille : Gagnon

• Louis Tremblay : Beaupré

• Ricardo Trogi : St-Pierre

Musique : Steve Lalonde, Louis Tremblay

Direction artistique : Camille Parent

Costumes : Valérie Gagnon-Hamel

Prise de son : Cyril Bourseaux

Montage images : Patrick Boivin

Conception sonore : Alexis Lemay

Mixage : Martin Messier

Photographe de plateau : Bertrand Calmeau

Société de production : Productions Kinesis

Financement :

• Crédit d’impôt – Canada

• Crédit d’impôt cinéma et télévision – Gestion Sodec

• Téléfilm Canada

Distribution : Les Films Séville

Durée originale : 87 minutes

 

 

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